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Analyse des rêves et androgynie

Analyse des rêves et androgynie

L’Onirothérapie est une technique d’orientation psychanalytique axée sur l’étude des rêves.
Si l’on en croit le dictionnaire le contenu des rêves n’est qu’un amas de pensées irréalistes et
incohérentes ; il est pourtant message de méditation et concerne tous les domaines de l’existence.
Il s’agit pour décrypter ce message d’étudier nos rêves en cherchant les principales
interprétations qui conduisent à la connaissance de l’être pour favoriser l’agrandissement du champ
de conscience. L’intelligence supérieure qui nous adresse nos rêves est appelée le Soi, le
Supraconscient ou le Maître intérieur.
Pour comprendre nos rêves nous allons devoir tout d’abord les noter ; c’est indispensable
mais insuffisant : nous allons devoir chercher, avec l’aide de l’analyste, les différentes significations
du contenu onirique, moyen essentiel pour accéder à une transformation intérieure.
L’analyse de rêves repose à la fois sur la progression de la qualité de la relation entre
onirothérapeute et le rêveur (transfert) et sur le travail d’interprétation. Par la découverte progressive
des différentes significations des rêves le rêveur s’interroge sur ce qui reste à effectuer dans sa vie
quotidienne pour progresser favorablement ; il va être soutenu dans cette entreprise par l’analyste
qui va l’aider à lire toujours plus loin dans ses rêves… ainsi par l’intermédiaire du travail onirique,
l’analysé gagne une énergie stimulante sensible dans tous les domaines de l’existence. L’analyste est
celui qui sait ce qu’il ne faut pas dire, ce qu’il faut dire et comment le dire, il ajoute à la lecture du
rêve le sens nécessaire.
L’onirothérapeute est le médiateur incontournable entre d’une part l’inconscient et le
supraconscient du rêveur et d’autre part le conscient du rêveur. Il permet à celui-ci en l’aidant à
agrandir son champ de conscience de trouver des solution à ses maux. La thérapie par les rêves
s’effectue en plusieurs phases (le plus souvent conjointes).

– la psychanalyse onirothérapeutique : le sujet en analyse ajoute à la psychothérapie
traditionnelle l’étude de la signification de ses rêves pour développer sa conscience afin de
devenir un jour son propre thérapeute.

– la psychanalyse onirothérapeutique spirituelle : à la psychothérapie et à la connaissance de
soi s’ajoute une dimension spirituelle.

– l’onirothérapie et le chemin initiatique : l’analysé va transmuter son intérieur en itinéraire
de sagesse. L’analyse devient alors une véritable voie initiatique.

L’étude des rêves est une thérapie du corps, de l’âme et de l’esprit.

Les indications psychothérapeutiques de l’analyse des rêves s’appliquent à tous les domaines
: les moyens mis en œuvre sont les suivant :
– étude de la structure oedipienne, familiale et karmique.
– étude de la structure de l’androgynat : la vie du couple (symbolique sexuelle et
psychothérapie), le couple intérieur, l’harmonisation de la vie affective et sentimentale.
– étude de la psychosomatique (maladie/santé – guérison des problèmes physiques – les 5
éléments chinois).
– étude de la pathologie (névroses et psychoses).
– Travail de deuil (la séparation – la rupture – la souffrance – la mort – renaissance,
résurrection et métamorphose).
– les réalisations personnelles et professionnelles – créativité.
– l’évolution spirituelle à travers les différentes voies initiatiques (guérison de l’âme et de
l’esprit).
Grâce à ce travail de recherche et de connaissance intérieure le rêveur accède à des
expériences oniriques merveilleuses et avance vers la Réalisation du soi et du Soi.

Voyons maintenant les principales clés interprétatives du rêve :
– tout ce qui apparaît dans le rêve est une image de soi.
– tous les rêves forment une seule et même histoire.
– dans un même rêve différentes interprétations se superposent (multiplicité interprétative).

Il faut pouvoir reconnaître une vingtaine environ de significations différentes d’une série de
rêves pour réellement posséder une science interprétative analogique.

Considérons l’un des processus essentiels de l’étude des rêves : l’androgynie.

Le chercheur, pour étudier ses rêves, prend conscience d’un mécanisme du rêve mis à jour
par C. G. Jung : «la complémentarité des contraires», mécanisme qui progresse au cours du
processus d’individuation du rêveur. L’être humain unifie en lui, perpétuellement les
contraires (ou complémentaires). L’évolution tend inexorablement vers l’unité (vers le Soi).
Ce mécanisme est un mariage des contraires, il est donc fondé sur l’amour vrai.
Cet amour n’est pas une fusion mais une conjonction. La fusion c’est l’amour/besoin. La
conjonction c’est l’amour désintéressé, l’amour vrai, l’amour sublimant enfin le manque,
l’amour au-delà du manque (il s’agit là d’un absolu à atteindre). Ce processus tend vers
l’androgynat qui est à la recherche de la perfection et de l’unité par le rapprochement des
contraires.
Il existe deux voies mystiques principales :
– l’unification en soi de l’anima et de l’animus (voie sèche) ou tantrisme de la main droite
(amour entre soi et Dieu)
– l’unification en soi à la fois de l’anima et de l’animus et l’unification à deux entre la femme
et l’homme dans le couple (voie humide ou tantrisme de la main gauche, amour à la fois
entre soi et Dieu et entre les deux partenaires du couple).

Dans nos rêves nous allons rencontrer des éléments particuliers qui vont nous permettre de
repérer l’évolution de l’androgynat :
– la progression favorable des images féminines.
– la progression favorable des images masculines.
– l’unification des images féminines et masculines.
– la fécondation, la naissance et le développement de l’enfant symbolique dans les rêves,
aboutissement de l’union anima/animus.

L’enfant symbolique montre les réalisations, les développements des qualités acquises, la
naissance de nouvelles possibilités, la manifestation du dharma actuel, ce qu’il y a de mieux
à faire sur le plan de la vie objective et concrète.
L’enfant divin symbolise l’épanouissement spirituel de l’individu et son évolution dans la
voie spirituelle correspondant à sa nature. Ce dharma divin indique ce que nous avons à
faire le mieux sur terre en plus de l’édification de nos bases d’intégration à la vie.
Les enfants symboliques sont codés dans les rêves, bien sûr, par des enfants (nos enfants,
les enfants de l’entourage, des enfants inconnus) parfois même par des œufs, de jeunes
animaux ou même des plantes, les créations nouvelles et leur développement. L’évolution de
l’enfant symbolique se lit à travers l’image en progression de l’enfant, son apparence, son
éducation, sa transformation.
L’enfant divin apparaît sous la forme de l’enfant royal, un maître enfant, un jeune enfant
fantastique et merveilleux.
L’androgynat est révélé en rêve non seulement à travers cette structure personnifiée
masculine/féminine mais aussi dans d’autres approches non figurées par cette symbolique
des personnages, il se manifeste à travers tous les autres symboles. Nous pouvons l’étudier
sur le plan culturel dans les thèmes suivant : l’alchimie – les tarots – l’énergétique subtile –
le livre de la nature – les 8 éléments chinois – le yi-king – l’alimentation du chaudron
magique etc…

Le thème d’Androgynat, célébré par Platon, apparaît dans toutes les voies spirituelles
authentiques. L’androgynie est le processus permanent de la réalisation intérieure et il est
lisible à travers les fils conducteurs du rêve.

Nous conclurons avec le poète métaphysicien François Brousse qui déclare :

«Ainsi, à travers les diverses humanités, l’homme et la femme s’approchent, s’aiment, se
haïssent, s’oublient et recommencent leur infernale ronde.
Deux moyens se présentent à nous pour la rompre : ou bien détacher son regard du plan
humain et lever les yeux sur la lumière divine, ou bien reconstituer par l’amour total l’Androgyne
primordial. La fusion en Dieu ou la synthèse homme/femme dans l’union parfaite, voilà les deux
clefs de la libération.
Dans le second cas Ève et Adam se fondent en un seul archange. Ils n’ont plus besoin de
s’incarner dans l’abîme des prisons planétaires. Ils reconstruisent l’Eden qui brillait à travers
l’aurore des âges.»

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